Zero SF/R, le plaisir électrique

MOTORSPORT

1 Juin 2026

Par Thierry Vautrat

Modèle phare de la marque californienne Zero, pionnière de l’électrique, la SF/R est un roadster sympa, facile à conduire, surtout conçu pour un usage quotidien. Et pour les fans de l’électromobilité

Il fallait un certain courage pour appeler sa marque de moto Zero. Et sans doute un peu plus pour se lancer sur le marché de l’électrique. Mais, de courage, la marque californienne, créée en 2006 à Santa Cruz, ne manquait pas. Elle a résisté aux difficultés à travers les années, réussissant à vendre entre 4 et 5000 machines par an. En France, ses chiffres paraissent modestes, avec 500 immatriculations en 2024, contre 2200 à BMW.    

Zero, ici, signifie que la marque construit des machines ne produisant aucune émission de CO2. Et offrant, par la fluidité de leur pilotage, un plaisir infini, surtout surtout si l’on dispose du modèle historique de la marque, la SF/R, épatant petit roadster. Cette machine, émanation de la S/SR,  a été entièrement repensée en 2019. Elle est conçue à partir d’une batterie lithium-ion de 17,3 kWh, cœur du châssis, qui alimente un moteur de 82 kW, soit 110 chevaux, pour un couple de 190 Nm. Elle revendique une autonomie de 280 km.

Comme un missile

Depuis 2019, cette moto a évolué, paraissant mieux habillée, grâce au carénage du bas de la batterie, qui dissimule quelque peu l’assemblage de tubes, visées sur elle. Grâce à cet aileron, placé devant les genoux du pilote et frappé du chiffre 06, rappelant l’année de création de la marque. A l‘avant, les feux, rectangulaires, en deux étages, sont regroupés dans un ensemble ovale. Devant lui, le pilote dispose d’un petit écran TFT de 5 pouces, qui indique vitesse, autonomie, charge de la batterie, modes de conduite. Il est connecté à votre smartphone, via  une application, qui permet de régler divers paramètres. 

Conduire cette moto est d’une facilité dérisoire. On tourne une clé de contact classique, on rabat la béquille et l’on n’a plus qu’à accélérer! La courroie grince un peu sur les premiers mètres, sans doute sur le temps qu’il lui faut pour se caler. C’est plutôt désagréable mais on oublie très vite. Car l’on chevauche un missile qui accélère de 0 à 100 km/h en à peine 3,3 s. On ne s’amuse évidemment pas à accélérer à tous les instants car on vide très vite la batterie mais on s’amuse tout de même beaucoup à laisser sur place Audi, BMW et autres autos performantes. Accessoirement, cela permet de dépasser en toute sécurité.  

La batterie donne une centre de gravité élevé, qui augmente encore si l’on choisit l’option “rapid charger”. Cela porte la puissance de recharge à 9 kW ( à 12 sur la version Premium) mais cela donne une moto un peu délicate à très basse vitesse ou lorsque l ‘on manœuvre. Mais cela n’impacte pas le pilotage dès lors que l’on met du dynamisme dans la conduite. Cette moto se place facilement dans les virages, vous laisse prendre de l’angle et se balance  facilement dans les enfilades de petits virages.   

Un prix élevé

On peut regretter que la récupération d’énergie n’intervienne qu’au lâcher de la poignée de gaz et uniquement sur le mode Eco. Sur les LiveWire, on bénéficie de cette régénération en tournant la poignée de gaz en sens inverse de l’accélération. En ville, il vaut mieux rouler en mode Eco, puis en mode Standard sur route de campagne, pour n’utiliser le mode Sport qu’avec parcimonie. On peut enfin paramétrer le mode Canyon pour pouvoir glisser de la récupération d’énergie sur le mode Sport par exemple. Cela permet de mieux placer sa moto en entrée de virage.

Voilà une machine sympa, pratique en ville au quotidien, moins si l’on veut voyager, évidemment. L’autonomie reste cependant un problème secondaire, car personne ne voyage avec un roadster, qu’il doit thermique ou électrique. En ville, en étant très doux avec l’accélérateur, on arrive à ne pas dépasser 4 kWh de consommation, ce qui permet de couvrir 380 km. Sur route de campagne, avec une consommation de 6 kWh, on atteint 250 km. Sur autoroute, à une allure de 8/9 kWh, on ne dépasse pas 140 km. 

Un scooter dans la gamme

La Zero SF/R n’élimine pas le problème essentiel des véhicules électriques, le prix: 23.435 €, c’est beaucoup d’argent pour une moto qui sert à surtout un usage quotidien et à se faire plaisir sur les randonnées du week-end. L’électromobilité reste impactée par le coût des batteries. Chez Yamaha, la MT10, emblématique roadster 4 cylindres de la marque, coûte 14.990 €. On choisit une Zero pour le plaisir qu’elle procure ou par pur souci écologique. Cette moto recharge en AC à 6 kW, à 9 kW avec l’option supercharger. 

On peut préférer la DSR/X, un  trail routier utilisant la même batterie, pour un moteur de 102 chevaux, vendue 23.940 €. On trouve encore la Zero S, un autre roadster de 60 chevaux, qui s’affiche à 17.545 €. Enfin, la firme californienne vient de lancer un scooter, le LSI, équivalent 125, accessible au permis A1 qui coûte 5.275 €. 

Fiche  SF/R

Moteur: électrique.
Données: 110 ch/190 Nm.
Batterie: 17,3 kWh.
Empattement: 145 mm..
Selle: 787 MM.
Chasse: 94 mm.
Angle de fourche: 24,5°.
Débattements: 120/140.
Poids: 227 kg.
Prix: 23.435 €. 

Photos constructeur :
1/ La Zero SF/R propose une conduite extrêmement fluide
2/ L’instrumentation s’affiche sur un petit écran TFT, qui donne toutes les données de consommation
3/ Cette moto se montre efficace dans les enfilades de virage

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