Par Thierry Vautrat
Ducati a peaufiné sa Multistrada, devenue une solide routière depuis qu’elle a adopté un quatre cylindres. Sa version V4S confirme sa polyvalence et sa fluidité d’utilisation.
Ducati a le vent en poupe. Portée par ses succès en MotoGP, la marque italienne enregistre chaque année des chiffres de vente enviables. Ainsi a-t-elle livré, en 2025, 50.895 motos à travers le monde. Le chiffre est certes en baisse de 7 % par rapport à 2024 (54.495 livraisons) mais c’est dû en grande partie à la situation géopolitique dans le monde et à de nouvelles règles d’importation sur certains marchés.
Dans la politique commerciale de Ducati, la MultiStrada, dans toutes ses versions, constitue une arme essentielle. Elle s’est vendue à 13.873 exemplaires dans le monde. Il faut dire que cette moto, solide trail routier, conjugue de nombreux atouts, avec une polyvalence appréciée, qui permet un usage quotidien facile, tout en demeurant une moto extrêmement efficace pour les voyages aux longs courts.

Deux cylindres qui se désactivent
Cette moto vous laisse le choix entre deux moteurs, l’habituel bi-cylindres en V ou un 4 cylindres également en V. De fait, c’était une excellente idée de la part de Ducati que d’offrir, en 2020, un 4 cylindres 1.2 à sa Multistrada. Avec 170 chevaux, ce bloc, dérivé du moteur Desmosedici de sa machine de MotoGP, lui donne plus de souplesse dans l’utilisation, favorisant les voyages aux longs courts. Cela permet, notamment dans sa version V4S, de rivaliser un peu plus avec la BMW GS 1300, reine de tous les road-trips à travers le monde.
Le bloc italien est doté d’un système de désactivation des deux cylindres arrière pour limiter sa consommation de carburant. A l’origine, cela ne fonctionnait qu’à l’arrêt. Désormais, la coupure intervient également à allure stabilisée ou lors d’une faible ouverture de gaz. En roulant paisiblement, ils restent désactivés jusqu’à 4000 tours. Outre le gain en essence, cela donne plus de confort à la conduite, car la selle chauffe beaucoup moins.
Cette moto adopte le DVO (Ducato Vehicle Observer) qui gère toute la partie électronique, notamment les radars avant et arrière, l’un servant à indiquer votre angle mort arrière, l’autre à vous prévenir en cas de menace de collision frontale. Les informations passent par un écran TFT de 6,5 pouces connecté. Il se contrôle via un joystick à main gauche, qui permet de naviguer dans les menus, de changer les réglages, notamment de ses suspensions, semi-actives sur cette moto.

Aisance dans les virages
Cette moto vous offre le choix entre les modes Sport et Touring mais propose également des modes Urban et Wet. On ne peut cependant pas changer de mode de conduite en roulant, cela doit être fait à l’arrêt, ce qui est un peu agaçant. En fait, la différence entre Touring et Sport, qui produisent la même puissance de 170 chevaux, est difficile à évaluer. Cela agit surtout sur le déclenchement du contrôle de traction, ce qui est imperceptible pour le commun des pilotes.
Le moteur dégage toujours le claquement caractéristique de ses culbuteurs, si typique des machines produites par Ducati. Cette moto se conduit beaucoup sur le couple, notamment en balade. En pilotage paisible, le frein moteur suffit, la plupart du temps, à vous ralentir, surtout si l’on adopte une conduite fluide. Si l’on hausse le rythme, mieux vaut utiliser ses commandes de frein, qui équilibrent le freinage entre roue avant et arrière. Cela donne une moto extrêmement plaisante à piloter, qui vire avec aisance, comme un vélo, même avec les sacoches que l’on monte lorsque l’on veut faire des kilomètres. Et cela vous offre le plaisir de vous dire que vous ne roulez pas avec la même machine que tout le monde.

Un système d’abaissement
La suspension de cette Multistrada bénéficie d’un système d’abaissement à l’arrêt, qui permet de s’installer plus facilement, notamment lorsque votre moto est équipée de sacoches arrière. La selle passe de 840 à 810 mm. Une fois parti, la suspension remonte à partir de 50 km/h pour reprendre sa position initiale. L’opération inverse s’effectue lorsque l’on ralentit jusqu’à 50 km/h. On peut désactiver ce système d’une pression sur le bouton suspension. Cette version V4S coûte un peu d’argent, 25.690 €, prix auquel il faut ajouter le coût de la peinture, si l’on ne veut pas du rouge Ducati. Le coût de ces teintes va de 200 € pour le jaune de la marque à 1.500 € pour cinq d’entre elles. Il faut encore ajouter 240 € si l’on veut les suspensions Skyhook surbaissées. Et la selle chauffante coûte 240 € de plus.
Cette Ducati est taillée pour longs road-trips. L’écran est relativement intuitif. A noter, juste au-dessus du bouchon de réservoir, le bouton de démarrage, déguisé en capuchon de colonne de direction !
Fiche technique
Moteur: 4 cylindres 1.2.
Puissance: 170 chevaux.
Couple: 125 Nm.
Empattement: 156 cm.
Selle: 840/860 mm.
Angle de chasse: 24,2°.
Réservoir: 22 litres.
Poids: 229 kg.
Prix 25.690 €.
Photos : Ducati



