Par Thierry Vautrat
Lancée en 2020, la troisième génération de la Fiat 500 devait ne plus être qu’électrique. Et pourtant, six ans plus tard, la petite Italienne se remet à fumer, en retrouvant une motorisation à hybridation légère (12 Volts) de 65 chevaux. Pourtant, elle s’était bien vendue lorsqu’elle n’était propulsée que par la grâce de sa batterie. Près de 66.500 exemplaires ont été livrés en 4 ans, avec un solide pic à 24.000 unités en 2023.
Mais l’arrivée d’une nouvelle Mini et la naissance de la Renault 5, combinées à une autonomie limitée, impactèrent ses ventes. Confrontée à la chute des commandes, l’usine de Mirafiori dut même fermer temporairement et l’on accéléra le retour d’une version hybride. Elle utilise la même motorisation que la précédente version hybride, avec le même 3 cylindres 1.0, dont la puissance a été réduite de 70 à 65 chevaux, pour limiter les émissions de CO2 et donc le malus.
Il fallut retravailler la plateforme de la 500e, pour pouvoir implanter le moteur, la boîte de vitesses mécanique à six rapports, ainsi que l’alterno-démarreur à courroie. De l’extérieur, il faut avoir l’œil exercé pour distinguer cette version de l’électrique, qui diffère par une fine ouverture sur la face avant, une grille de calandre inférieure. Elle adopte surtout une teinte jaune d’or, plus seyante que le fluo de la version à batterie.

Moteur bridé
Cette 500 Hybrid demeure une excellente urbaine. Elle se faufile partout et, avec sa longueur de 3,63 m, se gare d’autant plus facilement qu’elle est dotée d’une caméra de recul. Mais les choses changent sur les routes de campagne car cette auto est clairement bridée. Elle trahit des montées en régime laborieuses, voire asthmatiques, témoin ce 0 à 100 km/h en 16,5 s.
Cela implique de retomber en seconde, comme autrefois, à la moindre route un peu pentue et prendre un solide élan pour doubler! D’une façon générale, elle n’offre pas une conduite d’une très grande fluidité, d’autant qu’un trou entre 3e et 2e, provoque un à-coup désagréable à chaque rétrogradage…
L’électrique, ici, ne sert qu’à lancer la voiture et à apporter un appui sur les relances. Pour tout dire, on sent à peine cet apport. Et il est difficile de mesurer ce que cela apporte en énergie de carburant. Nous avons réalisé 5,7 litres en conduisant de façon paisible mais la consommation monte vite si l’on roule de façon dynamique. Nous avons enregistré 7,8 litres. Pas de quoi s’enthousiasmer.

Mieux ou moins bien en 100 % électrique?
Clairement, cette Fiat 500 Hybrid s’adresse à ceux qui aiment la citadine italienne mais déteste l’électrique. Où ne veulent pas s’intéresser à la question. Ils ont tort, d’ailleurs, car les deux versions électriques de 95 et 118 chevaux sont infiniment plus plaisantes à conduire. Il n’y a même pas de comparaison. Elles sont nettement plus vives et offrent beaucoup plus de punch. La version de 95 chevaux couvre par exemple le 0 à 100 km/h en 9,5 s, soit pratiquement 7 secondes de moins que la version thermique.
Surtout, les deux versions électriques proposent une conduite d’une fluidité absolue et offrent un comportement similaire à celui de go-karts. On se régale à piloter cette 500e, à se faufiler en ville, à s’offrir des petites sorties dynamiques sur les routes de campagne, en s’appuyant sur la récupération d’énergie pour bien placer sa voiture dans les virages.
Alors, bien sûr, l’autonomie est limitée sur la version de 95 chevaux, qui ne disposent que d’une batterie de 23,8 kWh. Cela rend les déplacements autoroutiers un peu compliqués et encore, avec un peu de discernement, on arrive à couvrir des kilomètres, pas loin de 180 km en ville. Ainsi, au volant de cette version, que nous connaissons bien, nous avons par exemple effectué le trajet Bordeaux – La Rochelle, soit 185 km, en ne rechargeant qu’une seule fois. Il suffit de s’organiser et de conduire avec discernement. La version de 118 chevaux est à cet égard plus confortable, avec sa batterie de 37,3 kWh nets.

Intérieur accueillant
La 500 Hybrid a l’avantage de ne pas coûter très cher. Elle s’affiche à 19.400 € en finition Pop, alors que Fiat la propose à 14.900 € sous condition de reprise d’un véhicule de plus de 10 ans. Mais la version électrique de 95 chevaux est vendue 23.900 €, prix qui descend à 14.800 € avec les différentes primes, dont la prime CertiNergy.
Cette Fiat 500 offre un intérieur sans fioriture mais plutôt accueillant. On trouve le même écran de 10,25 pouces rectangulaire et plat que sur les versions électriques. Une icône sur le bandeau supérieur permet de désactiver l’alerte de survitesse, alors que l’aide au maintien dans la voie s’annihile par une pression sur le bout de la manette gauche. Mais impossible d’enlever l’alerte ridicule qui retentit lorsque l’on prend une bretelle d’autoroute et qu’apparaît un panneau de sens interdit sur l’autre voie.
L’écran est compatible Android auto et Apple CarPlay. L’instrumentation s’affiche sur un écran circulaire de 7 pouces, qui fournit toutes les données de conduite. Cette auto n’offre qu’un volume de coffre de 183 litres.
Fiche technique
Moteur: 3 cylindres/1.0.
Données: 65 ch/92 Nm.
Batterie: 0,6 kWh.
Dimensions: 363/168/153 cm.
Empattement: 232 cm.
Poids: 1.055 kg.
CO2: 117-121 g.
Malus: 240-330 €.
Prix: 19.400 €.
Photos : Fiat 500



