Par Thierry Vautrat
L’A390, une vraie Alpine ? Les puristes crient au sacrilège en voyant un SUV de 2 tonnes, qui plus est électrique, compléter le catalogue de la marque aux côtés de l’A290. Ils ont tort car mieux vaut diversifier sa gamme pour exister, témoin la réussite de Porsche qui s’est sorti d’une situation difficile en lançant le Cayenne au milieu des années 2000. Aujourd’hui, plus personne ne conteste la légitimité des SUV de la marque allemande.
L’A390 est un SUV 5 places au profil de coupé, long de 4,62 m, conçu sur la base technique du Renault Scénic. Lancé dans une définition GT de 400 chevaux, il bénéficie depuis le printemps d’une nouvelle version GTS de 470 chevaux. Elle utilise pourtant les trois mêmes moteurs que la GT mais ils ont gagné en puissance grâce à l’adoption d’une nouvelle batterie NMS de 89 kWh fabriquée en France, d’un meilleur rendement que la précédente. On trouve une machine de 156 chevaux à l’avant et un bloc de 156 chevaux pour chacune des roues arrière. Cela donne une auto performante, qui accélère de 0 à 100 km/h en à peine 3,9 s, grâce à son couple de 824 Nm.

Multimedia sous Android
Cette A390 est une jolie auto, au dessin fluide, avec une lunette arrière en forme de visière de casque. Elle s’offre de grosses roues de 21 pouces et des poignées rétractables. Et cultive un air de famille avec l’A110 par son nez avant plongeant posé sur une fine ligne lumineuse. On retrouve un fin trait rouge lumineux à l’arrière, interrompu par l’inscription ALPINE rétro-éclairée en son centre.
L’intérieur est soigné avec un toit recouvert d’alcantara, une planche de bord gainée, tout comme la console centrale et les contre-portes. Le poste de pilotage est orienté vers le conducteur, qui retrouve face à lui le système de double écran de 12,3 et 12 pouces de la Megane E-Tech, avec la tablette centrale en position verticale. Elle fonctionne sous Android, ce qui permet de disposer de toutes les applications Google et notamment Google Maps. Une bande noire, au bas de cet écran, permet le réglage de la climatisation.Sur la console, on retrouve les trois boutons de mise en route de l’A110 et le même volant, avec un cliquet rouge à main droite pour actionner le boost et une molette bleue à main gauche pour régler l’intensité de la récupération d’énergie.

L’atout du Torque Vectoring
Au volant, on est parfaitement installé dans des baquets sport Sabelt bi-colores. On se laisse naturellement aller à une conduite dynamique, en profitant des relances nerveuses de cette voiture, de son mode overboost qui permet de doubler en toute sécurité.
Car la bonne surprise est que l’on peut prendre presque autant de plaisir à bord de ce modèle qu’au volant d’une A110. Sa direction directe, son train avant précis permet de l’engager avec autorité dans tous les virages, alors que le système Torque Vectoring des roues arrière vous fait enrouler toutes les courbes avec aisance. Dans ces conditions, la consommation monte: 20 kWh sur routes de campagne et 24,4 sur autoroute. A peine de quoi faire 300 km. Mais on n’achète pas cette auto pour faire de l’éco-conduite à tout prix.
Recharge à 190 kW
Vendue 78.000 €, l’Alpine A390 GTS coûte 10.500 € de plus que la version GT. Les deux versions sont éligibles à la prime CEE de 400 €. Pour ce prix, on bénéficie d’un système Xtreme Sound Devialet, de jantes forgées Snowflake diamantées noires de 21 pouces. Cette auto se contente d’un réseau électrique de 400 volts et recharge en courant continu à une puissance de 190 kW, contre 150 à la version GT. Il lui faut moins de 25 minutes pour reprendre de 10 à 80 % de capacité de batterie.

Clin d’oeil vintage – Dieppe
Dieppe attend l’A110 électrique
Cette A390 est fabriquée dans l’usine historique d’Alpine à Dieppe, d’où sont sorties toutes les A110 depuis 1969. Pour cette dernière, une page s’est tournée le 28 juin. Ce jour-là est sortie la toute dernière A110 de la deuxième génération, dans une version R de 300 chevaux. Il s’agissait du 28.701e exemplaire de ce coupé sport revenu à la vie en 2017, avec un quatre cylindres turbo. Cette interprétation néo-rétro de la fameuse Berlinette, victorieuse au Monte-Carlo 1973, fut une belle réussite, par ses qualités routières et le plaisir de pilotage qu’elle procurait.
Elle disparaît, concluant les célébrations du 70e anniversaire de la marque, pour mieux ouvrir une nouvelle ère, qui est celle de l’électromobilité. Elle a été entamée avec l’arrivée de l’A290, dérivée de la R5 et poursuivie avec l’A390, premiers modèles du “Dream Garage” voulu par Luca De Meo, l’ex-patron de Renault. Ainsi l’A110 reviendra-t-elle cet automne sous la forme d’une toute nouvelle voiture, propulsée par une motorisation 100 % électrique. On a eu un petit aperçu de ce qu’elle serait au festival de vitesse de Goodwood où Alpine a fait rouler un prototype au dessin proche de celui de la version essence.
À Dieppe, sitôt la dernière A110 sortie de l’usine, on s’est activé pour évacuer les chaînes de montage et les remplacer par celles qui accueilleront la nouvelle voiture. La manufacture normande continuera ainsi à entretenir la flamme Alpine. Elle emploie aujourd’hui 380 personnes, effectif qui devrait augmenter dans d’importantes proportions car la marque envisage une forte montée en cadence et un passage à une production en 2×8. A noter que l’A290 est elle fabriquée à Douai, à côté de la R5 E-Tech.

Photo Constructeur
Fiche technique A390 :
Motorisation: électrique.
Puissance: 470 chevaux.
Couple: 824 Nm.
Dimensions: 462/189/153 cm.
Poids: 2.121 kg.
Coffre: 532 litres.
Batterie: 89 kWh.
Recharge DC: 150 kW.
Recharge AC: 11 kW.
Prix: 78.000 €.



