Par Thierry Vautrat
Avec son museau haut, ses pneus larges, la nouvelle Spring, la citadine de Dacia, dégage un petit air de baroudeuse élégante et renvoie l’ancien modèle au musée. Car la marque roumaine vient de sortir une toute nouvelle version de sa voiture électrique. C’était une nécessité car la précédente édition, fabriquée en Chine, était soumise aux taxes de l’Union Européenne et ne bénéficiait d’aucun bonus. Dacia a profité de la base technique de la dernière Twingo et a fait œuvre de créativité, pour proposer un modèle qui ressemblait à une vraie voiture, tout en étant complètement différente de sa cousine la grenouille.
La Dacia Spring, lancée en 2001, était une bonne idée. Elle s’est d’ailleurs vendue de façon plus qu’honorable, témoin les 210.000 immatriculations enregistrées. Elle a permis à beaucoup de gens de découvrir l’électromobilité: 93 % de sa clientèle était des primo-accédants. Et 79 % des clients venaient d’une autre marque. Elle fut bel et bien un outil de conquête et dépassa largement son rôle. Conçue pour être la deuxième voiture des foyers, elle en devint rapidement la voiture principale. Elle effectuait en moyenne 34 km par jour, sur quatre trajets, à une vitesse de 34 km/h.
Cette nouvelle version de la citadine roumaine est la première d’une série de quatre voitures électriques prévue à l’agenda de la marque d’ici à 2030. Devrait en principe suivre une version électrifiée de la Sandero. La Spring utilise le même châssis, la même plateforme RGEV small que la Twingo, qui accueille la batterie LFP de 27,5 kWh nets (30 bruts), pour alimenter un moteur de 80 chevaux. Ses performances sont modestes, avec un 0 à 100 km/h couverts en 12,1 s, pour une vitesse de pointe de 130 km/h. Mais cela suffit amplement pour une auto à vocation urbaine, dont l’autonomie s’affiche à 250 km WLTP.
Mieux assise sur la route
La Dacia Spring est aussi un peu plus habitable. A 3,85 m, elle est 15 cm plus longue que la précédente version et s’offre 7 cm de plus que la Twingo, grâce à un empattement allongé de 243 à 249 cm. A 1,71 cm, elle est aussi 18 cm plus large que l’ancienne Spring, ce qui est considérable et lui permet d’être nettement mieux assise sur la route, d’autant qu’elle utilise également des pneus plus larges, en 15 ou 16 pouces.
Cette nouvelle Spring, qui se veut essentielle et cool, est esthétiquement assez réussie. Dacia s’en est bien sorti, avec un châssis conçu pour le capot plongeant de la Twingo. Ses concepteurs lui ont offert un capot court et haut, une face avant droite, à la façon de ses sœurs Duster et Bigster. Sa face avant est ornée d’un bandeau noir, avec de fausses alvéoles et le sigle Dacia blanc serti en son centre.
Il est prolongé par les feux, qui propose une signature originale, évoquant les Dacia Links, à la conception ingénieuse : seule la partie haute de la signature est éclairée via des diffuseurs LED, la partie basse inclinée à 45 degrés ne fait que refléter la source haute en créant un effet flottant. On retrouve le même principe sur les feux arrière, qui sont séparés par un bandeau noir, surlequel a été sculptée l’inscription Dacia.

Un frunk de 18 litres
L’intérieur propose une planche de bord horizontale, avec une instrumentation digitale sur 7 pouces, complétée par un écran central de 10,1 pouces, compatible Apple et Android Auto, mais uniquement sur le deuxième niveau de finition Journey. En entrée de gamme Expression, il faut se contenter d’une station d’accueil pour son smartphone. Dacia propose toujours son système d’accessoires YouClip. Cette Spring dispose d’un coffre de 387 litres, composé de deux parties. On peut s’offrir, en option, un frunk de 18 litres, qui est une sorte d’élément creux visé à l’intérieur du capot avant, qui fait un peu bricolage. On note que contrairement à la Twingo, le capot moteur s’ouvre de la façon la plus simple du monde.
Cette nouvelle Dacia Spring est proposée en deux finitions différentes, Expression pour 17.900 € et Journey pour 19.400 €. Désormais fabriquée à Novo Mesto en Slovénie, elle bénéficiera de la prime Coup de Pouce de 3.500 € (jusqu’à 5.700 € sous condition de ressources), soit 14.400 € en Expression, 15.900 en Journey. Il vaut mieux choisir la finition Journey, car cette voiture n’est dotée que d’un chargeur AC de 6,6 kW, qui demande 9 heures pour reprendre de 15 à 80 % d’énergie sur une prise domestique. Et seule la finition Journey propose, pour 500 €, l’option recharge rapide, avec chargeur AC de 11 kW et DC de 50 kW. Il faut 28 minutes sur les bornes de recharge rapide pour reprendre de 15 à 80 % d’énergie. Cela donne une finition Journey à 16.400 €.
Fiche technique
Moteur: électrique.
Puissance 80 ch/175 Nm.
Batterie: 27,5 kWh (nets).
Dimensions: 385/174/152 cm.
Poids: 1.210 kg.
Coffre: 337 litres.
Recharge AC: 6,6 kW.
Recharge DC: 50 kW (option).
Premier prix: 17.900 .
Photos Adrien Cortesi



