Gua Sha : qu’èsaquo ?

BEAUTE

21 Août 2025

Présenté dans les salles feutrées des spas de luxe, sur les comptes Instagram des influenceuses ou au cœur des pharmacies asiatiques, le gua sha est un petit outil plat, souvent en jade ou en quartz rose qui intrigue par sa forme, tantôt incurvée, tantôt sculptée en vagues…

Pourtant, derrière cet objet se cache une pratique vieille de plusieurs siècles : le Gua Sha, une technique et pratique de soin qui traverse le temps et les cultures, aujourd’hui réinventée entre médecine traditionnelle et rituel beauté.

Aux origines : une médecine populaire chinoise

Le terme “Gua Sha” vient du chinois : Gua (gratter, racler) et Sha (rougeurs, stagnations). À l’origine, cette pratique consistait à frotter la peau avec un outil lisse, jadis une corne de buffle, une cuillère en porcelaine ou une pierre polie, pour provoquer des rougeurs. Ces marques, considérées comme des signes d’évacuation des toxines, étaient censées stimuler la circulation sanguine et libérer les blocages énergétiques.

Née dans le cadre de la médecine traditionnelle chinoise, ce petit outil était utilisé pour soulager la fièvre, la toux, les douleurs musculaires ou encore la fatigue chronique. On le pratiquait sur le dos, le cou, les bras ou les jambes, souvent au sein des familles, comme un remède maison transmis de génération en génération.

Selon la médecine traditionnelle chinoise, le Gua Sha agit sur la circulation du Qi (l’énergie vitale) et du sang, permettant de lever les stagnations responsables des déséquilibres du corps. Les rougeurs, appelées sha, témoignent du processus de libération.
Du côté de la science moderne, des études ont montré que l’utilisation du Gua Sha pouvait augmenter la microcirculation sanguine, réduire l’inflammation et même stimuler le système immunitaire. Certaines recherches suggèrent également un effet sur les douleurs chroniques, notamment cervicales.

Du soin thérapeutique au rituel beauté

Si le Gua Sha était traditionnellement associé à un soin corporel parfois intense, sa version contemporaine s’est largement adaptée au monde de la cosmétique. Aujourd’hui, on le retrouve surtout sous forme de massage facial.
Ces petits morceaux de pierres en quartz rose, jade, obsidienne ou améthyste s’utilisent avec une huile ou un sérum, glissant sur la peau pour :
– stimuler la circulation sanguine,
– drainer les tissus et réduire les gonflements (notamment les poches sous les yeux),
– détendre les tensions musculaires du visage,
– affiner les contours et redonner de l’éclat au teint.

Le geste, plus doux que le Gua Sha traditionnel, se rapproche du massage drainant. Il est plébiscité par les facialistes, les adeptes du “skin yoga” et les influenceuses beauté qui en vantent les effets “glow” immédiats.

Aujourd’hui, le Gua Sha navigue entre deux mondes, entre tradition et modernité. D’un côté, il reste un outil thérapeutique utilisé en Chine et en Asie pour traiter douleurs et déséquilibres. De l’autre, il est devenu une icône du bien-être et de la beauté holistique en Occident, porté par la vague du “self-care”. Si certains puristes s’inquiètent d’une occidentalisation simplifiée du geste ancestral, d’autres y voient une passerelle culturelle, permettant à une pratique familiale et populaire d’entrer dans les rituels quotidiens du XXIᵉ siècle.

Bien choisir son Gua Sha : le guide essentiel

On pourrait croire que tous les Gua Sha se valent, tant leurs formes et leurs couleurs se ressemblent. Pourtant, le choix de la pierre, de la forme et même du moment où vous l’utilisez influence directement l’expérience. Choisir son Gua Sha, c’est un peu comme choisir un parfum : une affaire d’affinité, de besoins et de sensations.

Des pierres qui racontent une histoire

Le jade, pierre ancestrale et emblématique de la Chine impériale, est la plus traditionnelle. Utilisé depuis des millénaires, il symbolise la sagesse et l’équilibre. Sa fraîcheur naturelle est idéale le matin, pour réveiller le visage et atténuer les poches sous les yeux.
Le quartz rose, plus tendre et laiteux, évoque l’amour et la douceur. C’est la pierre du réconfort, celle que l’on choisit le soir, quand on veut apaiser sa peau et relâcher les tensions de la journée.
L’obsidienne noire, née du feu volcanique, est plus dense, plus profonde. On dit qu’elle protège et qu’elle ancre. Dans la pratique, sa fermeté en fait un outil parfait pour travailler les zones de tension, la mâchoire serrée ou les trapèzes noués.
Certaines marques proposent aussi de l’améthyste, pierre violette associée à la sérénité. Plus confidentielle, elle séduit ceux qui veulent transformer leur rituel beauté en moment méditatif.

Si la pierre est importante, la forme l’est tout autant. La plus connue est celle en cœur, dont la courbe épouse naturellement l’ovale du visage et les pommettes. La forme aile, plus polyvalente, permet aussi de masser le corps. Le peigne, lui, est pensé pour stimuler le cuir chevelu ou effectuer un drainage plus appuyé. Enfin, la forme vague, douce et fluide, est particulièrement appréciée pour le massage lymphatique.

Le rouleau facial : le compagnon du Gua Sha

À côté du Gua Sha, un autre petit objet en pierre séduit les passionnés de rituels beauté : le rouleau facial. Reconnaissable à ses deux extrémités munies de rouleaux cylindriques, il est souvent confectionné dans les mêmes pierres que le Gua Sha et s’inscrit lui aussi dans la tradition des soins chinois.

À l’origine, le rouleau de jade était utilisé par les femmes de la cour impériale pour entretenir la fraîcheur et l’éclat du teint. Sa gestuelle, plus douce et plus intuitive que celle du Gua Sha, consiste à faire rouler la pierre sur la peau en mouvements ascendants ou descendants. Le petit rouleau, situé à l’une des extrémités, est conçu pour épouser les zones délicates du visage comme le contour des yeux, tandis que le grand rouleau s’adapte aux joues, au front et au cou.

Le plaisir sensoriel est immédiat : la pierre reste fraîche au contact de la peau, procurant une sensation de décongestion et de tonicité. Utilisé régulièrement, le rouleau favorise la microcirculation sanguine, aide à réduire les gonflements matinaux et stimule le drainage lymphatique. Là où le Gua Sha agit de façon plus ciblée et sculptante, le rouleau s’impose comme un outil de relaxation quotidienne, facile à utiliser même en quelques minutes. Certains choisissent de le placer quelques instants au réfrigérateur pour accentuer son effet tonifiant et défatigant, notamment sur les cernes et les poches. D’autres l’emploient en fin de routine, pour mieux faire pénétrer un sérum ou une huile de soin.

Plus qu’un simple accessoire, le rouleau facial est donc le complément idéal du Gua Sha : l’un apaise et rafraîchit, l’autre sculpte et relâche. Ensemble, ils transforment un geste de soin en véritable rituel de bien-être, où l’efficacité se mêle à la délicatesse d’un massage ancestral.

Un rituel beauté qui s’adapte à votre rythme

Le matin, on privilégie des gestes rapides et dynamisants avec le jade ou l’obsidienne, pour défatiguer le visage. Le soir, place au quartz rose ou à l’améthyste, avec des mouvements plus lents, comme une caresse qui prépare à l’endormissement.
Dans tous les cas, le Gua Sha s’utilise avec une huile végétale ou un sérum, afin que la pierre glisse sur la peau sans l’agresser. Cinq à dix minutes suffisent, mais la régularité est la clé : mieux vaut un court massage chaque jour qu’une longue séance de temps en temps.

Un bon Gua Sha se reconnaît à sa finition. Il doit être parfaitement lisse, agréable au toucher et légèrement lourd en main. Méfiez-vous des imitations en plastique coloré : un vrai Gua Sha est taillé dans la pierre. Après chaque usage, rincez-le à l’eau tiède et séchez-le soigneusement. Certains choisissent même de “recharger” leur pierre à la lumière de la lune ou sur un amas de quartz, perpétuant ainsi le lien symbolique avec ses vertus énergétiques.

Pour reconnaître un véritable Gua Sha en pierre naturelle, fiez-vous d’abord au toucher : la pierre reste fraîche au contact de la peau, même à température ambiante, contrairement au plastique ou au verre qui se réchauffent vite. Le poids est aussi un indice : une pierre authentique est plus dense et légèrement lourde en main. Visuellement, un vrai Gua Sha présente des nuances, des veines ou de petites irrégularités, alors qu’une imitation affiche une couleur uniforme, parfois trop vive pour être naturelle. Méfiez-vous également des prix trop bas : un Gua Sha en jade ou en quartz véritable n’est jamais vendu à quelques euros seulement. Enfin, privilégiez les marques transparentes sur l’origine de leurs pierres et vérifiez qu’elles mentionnent des matériaux naturels certifiés.

Tel un pont entre les cultures, le Gua Sha est plus qu’un outil de beauté : c’est une pratique qui raconte l’histoire d’un savoir-faire populaire ayant traversé des siècles, aujourd’hui réinterprété dans un monde en quête de bien-être et de rituels authentiques. Qu’il soit pratiqué dans une clinique de médecine traditionnelle chinoise à Pékin ou dans un spa de Paris, il garde la même promesse : apaiser, stimuler, reconnecter.

Angélys Saint-Clair

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